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Cap sur l’Église néo-apostolique (14): Premiers pas sous l’autorité de nouveaux apôtres

02.12.2013 Auteur : Manfred Henke

Priest Carl Wilhelm Louis Preuss

Apostle Friedrich Wilhelm Schwarz

Apostle Friedrich Wilhelm Menkhoff

Apostle Friedrich Krebs

L’apôtre Rudolf Rosochacky ayant pris ses distances par rapport à son mandat ministériel, Hambourg fut, de janvier à mars 1863, une communauté apostolique privée d’apôtre. Malgré cela, elle continuait de persévérer dans une grande espérance : Dieu enverrait douze nouveaux apôtres, à travers lesquels la pleine puissance de l’apostolat serait révélée.

En guise de conclusion

En 1863, le cap était atteint : Les apôtres de l’Église néo-apostolique continuèrent de bâtir sur le fondement posé par les apôtres apostoliques-catholiques. Ils initièrent maints changements, tout comme les apôtres apostoliques-catholiques l’avaient fait au cours des années trente du XIXe siècle, que nous avons retracées.

Quel fut dès lors le nouveau cap de l’Église néo-apostolique ? En guise de conclusion, notre série d’articles propose une petite vue d’ensemble.

L’article 14 esquisse la manière dont les premiers apôtres, appelés à leur ministère et mis à part à Hambourg, se sont mis à l’œuvre. Il montre aussi comment l’un de ces appelés, l’apôtre Friedrich Wilhelm Schwarz, a rassemblé ses compagnons d’œuvre en un « cercle des apôtres ».

L’article 15 décrit la genèse de la dénomination d’ « Église néo-apostolique », d’autres dénominations ayant préalablement été en usage. À cette fin, il s’appuie sur une série de sources trouvées dans les archives nationales d’Allemagne.

L’exploration de notre histoire n’est pas encore achevée. Le groupe de travail « Histoire de l’Église néo-apostolique » est reconnaissant pour toute indication de sources que l’on voudra bien lui communiquer.

La carence apostolique de la communauté de Hambourg cessa le 8 février 1863, quand le prêtre Carl Wilhelm Louis Preuss fut appelé à l’apostolat par trois prophéties différentes émanant de l’assemblée, puis fut solennellement mis à part par un nouvel appel prophétique, le 18 mars. Sa vocation eut lieu par l’intermédiaire de membres de la communauté, qui se mirent à prophétiser en l’absence du prophète Geyer. Celui-ci eut du mal à reconnaître cette vocation  et à se soumettre à l’autorité de l’apôtre Preuss.

De Hambourg à Amsterdam

Friedrich Wilhelm Schwarz, l’ancien conducteur de Preuss, adopta une attitude différente. Certes, il prit conscience du fait qu’ « un jeune homme, qui avait servi sous mon autorité en qualité de prêtre, était devenu mon apôtre », mais il  l’accepta comme tel et servit sous son autorité dans le rang d’évêque, jusqu’à ce qu’il fût lui-même envoyé à Amsterdam en qualité d’apôtre. Le 27 mai, Schwarz fut appelé « par le Seigneur, non seulement par la bouche de Geyer, mais aussi celle de nombreuses personnes qui prophétisèrent, à être un apôtre du Seigneur. »

La suite des événements, Schwarz la résuma en quelques mots, en 1891 : « La Hollande, Amsterdam, me fut attribuée, et je partis, seul, de Hambourg, j’arrivai à Amsterdam à la fin du mois de septembre et, depuis lors, j’œuvre ici dans la bénédiction. » L’apôtre Schwarz (au Pays-Bas, son nom s’orthographiait « Schwartz », avec un t), jeta les fondements de la communauté d’Amsterdam en 1864.  En 1869, s’y ajouta la communauté d’Enkhuizen ; cinq autres suivirent au cours des années 1870. En 1876, les paroisses néerlandaises totalisaient quelque 600 membres.

Les Douze et l’attente du retour imminent de Jésus-Christ

En 1862, Geyer avait annoncé une « toute nouvelle lignée » d’apôtres allemands. On pensait alors que douze apôtres devaient se mettre à l’œuvre, pour que la pleine puissance de l’apostolat fût manifestée. Dès le 30 octobre 1864, le prophète Geyer appela, à Hambourg, quatre hommes de la communauté à l’apostolat : Johann August Ludwig Bösecke (1821-1886), Johann Christoph Leonhard Hohl (1822-1887), Heinrich Ferdinand Hoppe (1830-~1890), Peter Wilhelm Louis Stechmann (1837-1911).

Les apôtres Hohl et Bösecke réussirent à fonder des communautés en Allemagne, tandis que le travail de Stechmann et de Hoppe en Hongrie et en Amérique du Nord ne laissa guère de traces. Pendant une courte période, l’apôtre Hoppe œuvra parmi des immigrés venus de Hambourg, qui l’avaient appelé à venir à Chicago ; par la suite, ses traces se perdirent à New York.

Dans le « Livre pour notre temps », rédigé à partir de notes de l’apôtre Schwarz, l’auteur fournit quelques indications au sujet de vocations à l’apostolat ayant eu lieu à Amsterdam. En 1873, y est-il dit, « trois hommes supplémentaires furent appelés à l’apostolat, savoir un diacre de cette communauté pour être apôtre en Italie, le surveillant de la communauté d’Enkhuizen, pour être apôtre en France, et le surveillant de la communauté de Bielefeld, pour être apôtre en Allemagne. » Avec un autre apôtre appelé à Hambourg pour la Hongrie, le « second chandelier » (le premier étant celui des apôtres anglais) se composait déjà de dix apôtres, et on était fondé à espérer que le nombre de douze fût bientôt atteint.

Le cercle qui s’était formé autour de l’apôtre Schwarz associait à la complémentation des Douze l’espérance que Jésus-Christ reviendrait peu après. De surcroît, et sur la foi de quelques déclarations prophétiques, l’apôtre Schwarz espérait voir l’avènement de Christ de son vivant encore. Ces deux espérances, même si on les considérait comme étant fondées sur des prophéties, furent expressément présentées comme étant personnelles, et leur réalisation comme n’étant pas impérative. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’apôtre Schwarz prit des mesures en vue de régler sa succession dans l’apostolat à la tête des Pays-Bas.

Deux apôtres dans une même « tribu »

Une seule des indications citées au sujet d’autres vocations d’apôtres dans le champ d’activité de l’apôtre Schwarz correspond aux faits actuellement connus. Le « surveillant de la communauté de Bielefeld » était l’apôtre Friedrich Wilhelm Menkhoff, qui avait été scellé par l’apôtre Schwarz en 1867 et envoyé par lui dans sa région natale de Westphalie, où il œuvrait prioritairement à Bielefeld. C’est à lui que l’apôtre Schwarz conféra, après une vocation prophétique, le ministère d’apôtre en 1872. Dans les comptes rendus, il est dit qu’à cette fin il le « mit à part » (en lui imposant les mains). Dans le vocabulaire apostolique-catholique, cette « mise à part » des apôtres désignait une réalité fondamentalement différente d’une ordination (cf. article 4 de la présente série). Lors de la « mise à part des apôtres », le 14 juillet 1835, ceux-ci n’avaient aucun « supérieur hiérarchique ». En imposant les mains aux apôtres, les anges des Sept communautés montraient qu’eux-mêmes et tous les autres anges et communautés se soumettaient à l’autorité des apôtres. En 1872, c’était en la personne de l’apôtre Schwarz qu’un apôtre « mettait » un nouvel apôtre « à part », et c’est ainsi que, dans le vocabulaire néo-apostolique, la « mise à part »  d’un apôtre prit peu à peu le caractère d’une ordination. Ce qui était nouveau aussi, c’est que Menkhoff continua d’être reconnu comme un compagnon d’œuvre de l’apôtre Schwarz au sein de la « tribu » de ce dernier.

À la mort de l’apôtre Preuss, en 1878, la circonscription de Hambourg fut aussi confiée aux soins de l’apôtre Menkhoff, le successeur appelé par Geyer n’ayant pas été reconnu par Schwarz et les apôtres en communion avec lui. Pour l’apôtre Schwarz, les ministres de Hambourg avait fait preuve de précipitation, en se comportant « comme s’il n’y avait pas d’autres apôtres », auxquels ils devaient laisser le contrôle de la suite des événements.

L’apôtre Schwarz fonde le Cercle des apôtres

L’apôtre Schwarz attachait une grande importance à la collaboration étroite de tous les apôtres entre eux et a tenté de les rassembler au sein du « Cercle des apôtres ». En 1880, il écrivit à un intime de la première heure, l’évêque Hübner, de Coswig : « Le frère Hohl s’est rallié à nous et le frère Bösecke se rapproche également de nous. La perspective que nous formions une unité semble se réaliser. » Pour régler sa succession dans l’apostolat, l’apôtre Schwarz décréta, en 1891, que ce n’était pas « la vocation, mais l’envoi par des apôtres qui conférait le rang d’apôtre. » Cette précaution n’empêcha pas Martinus van Bemmel, appelé prophétiquement à l’apostolat pour succéder à Schwarz, et une partie des fidèles des Pays-Bas, de se désolidariser du cercle des apôtres en 1897, tandis que l’autre partie des fidèles, rangée sous l’autorité de l’apôtre Kofman, mettait l’accent sur la nécessaire intégration de l’unité des apôtres.

À la mort de l’apôtre Schwarz, le 6 décembre 1895, la majorité des apôtres reconnut, en l’apôtre Friedrich Krebs, un rassembleur, autour duquel les apôtres se regroupèrent. Au cours de son activité ministérielle, le « père Krebs » fut parfois appelé « apôtre-patriarche », puis, après sa mort, une fois que ce titre s’était imposé pour Hermann Niehaus, le successeur qu’il avait lui-même institué, il fut régulièrement employé pour lui aussi.

 


Synthèse

Après la scission de l’Église apostolique-catholique, les apôtres Preuss et Schwarz ont été institués dans la communauté de Hambourg en 1863. D’autres apôtres ont été rapidement appelés par la suite, dans l’espoir, en un premier temps, de constituer une seconde lignée de Douze, afin de préparer ainsi le retour proche de Jésus-Christ.

L’apôtre Schwarz a œuvré en vue d’instaurer une collaboration étroite entre les apôtres. Après sa mort, cette tâche a été dévolue à l’apôtre Krebs qui, rétrospectivement, a été désigné comme ayant été le premier apôtre-patriarche.

Catégorie : History, FR: 150 Jahre, Events