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Cap sur l’Église néo-apostolique (13): Vocations d’apôtres en Allemagne

18.11.2013 Auteur : Manfred Henke

Prophet Heinrich Geyer

Apostle Francis Valentine Woodhouse

Apostle Rudolf Rosochacky

Les apôtres anglais s’étaient accommodés du fait qu’ils ne prépareraient qu’une petite cohorte en vue de l’enlèvement des prémices. L’apostolat s’éteindrait de nouveau avec eux, et l’Église se poursuivrait sous l’autorité d’archevêques appelés archanges. En 1860, ils rejetèrent une fois encore des vocations d’apôtres. L’auteur de ces vocations, le prophète Heinrich Geyer, n’en continuait pas moins d’insister sur la nécessité d’instituer de nouveaux apôtres.

Formation d’un parti en Allemagne septentrionale

À son retour d’Albury, en 1860, Geyer n’avait pas fait mystère des expériences qu’il y avait vécues. Lorsqu’en décembre les anges (évêques) ont reçu le compte rendu des prophéties qui y avaient été faites, ils n’y ont pas trouvé la moindre allusion à des vocations d’apôtres. Ils ont cependant été nombreux à croire les comptes rendus de Geyer et à partager sa déception. S’est alors constitué un cercle d’initiés qui attendaient de nouveaux apôtres. Dans ce cercle, il y avait non seulement Friedrich Wilhelm Schwartz, à Hambourg, mais aussi son frère Gottlieb, exerçant le ministère d’ancien à Berlin, et Max von Pochhammer, l’évangéliste qui enregistrait le plus de succès en Allemagne septentrionale. Des membres de la communauté de Berlin se rencontraient sous l’autorité de Geyer, à l’insu de l’ange Carl Rothe.

Des vocations d’apôtres tenues secrètes

De surcroît, Geyer avait acquis la conviction que Dieu s’était détourné des apôtres anglais, parce que ceux-ci avaient refusé la complémentation de leur cercle en rejetant les prophéties allant dans ce sens. À leur insu, Dieu, pensait-il, s’était « tourné vers le côté pour appeler quelques apôtres en Allemagne, une toute nouvelle lignée. »

Au moment où il écrivait ces lignes, il avait déjà appelé plusieurs apôtres parmi les rangs des ministres apostoliques-catholiques, dont les noms sont restés secrets jusqu’à ce jour, mais qui étaient manifestement connus en cercle restreint. D’après Geyer, il existait, à Berlin et ailleurs, beaucoup de fidèles « pour saluer avec joie ces apôtres appelés maintenant, et ces derniers auraient eux-mêmes « accepté leur vocation à l’apostolat. »

Parmi ces apôtres, il y en a un qui est passé à la postérité, Rudolf Rosochacky, pour être officiellement entré en fonction à Hambourg, en janvier 1863. Geyer l’avait appelé le 10 octobre 1862, au cours d’un déplacement avec l’apôtre Woodhouse. Pendant leur séjour à Königsberg, il avait désigné, tard dans la soirée, l’ancien de la ville, Rudolf Rosochacky, au domicile de celui-ci, pour apôtre. Geyer avait ensuite poursuivi le voyage avec l’apôtre Woodhouse comme si de rien n’était. Il a justifié le secret de sa démarche, en arguant du fait qu’il attendait le bon moment, pour le premier apôtre, de se présenter en public, afin d’éviter, pendant ce temps, le trouble dans les communautés.

Rothe intervient

Entre-temps, à Berlin, l’ange Carl Rothe était devenu méfiant : il se demandait quelles étaient les intentions du prophète avec rang d’ange Geyer. Rétrospectivement, Rothe a déclaré ceci : « Une prophétie m’a enfin fourni l’occasion de m’entretenir avec lui. Cette prophétie annonçait en substance que nous verrions apparaître l’antéchrist, mais que nous ne devions pas nous effrayer pour autant, parce qu’il serait reconnu dans l’Église. »

Sa teneur se rapportait à l’espérance que l’apôtre Carlyle cultivait pour l’avenir, mais elle contredisait cependant la doctrine modifiée, entrée en vigueur en 1858, selon laquelle l’antéchrist paraîtrait seulement lorsque ceux qui sont scellés auraient été enlevés et que les soixante-dix archanges auraient gouverné l’Église. Cette prophétie, Geyer l’a dite le 23 novembre 1862, premier dimanche de l’Avent, au cours de l’office religieux, à Berlin. Refusant de reconnaître sa prophétie pour fausse, il a été suspendu de son ministère par Rothe. La communauté en a été informée le 21 décembre, quatrième dimanche de l’Avent.

Le « mauvais sort sera-t-il conjuré » ?

Deux jours plus tard, Geyer a adressé une lettre à quatre hommes du royaume de Hanovre. Là-bas, non loin de l’ancien champ d’activité de Geyer, vivaient les maîtres d’école Ludwig Kenter, Friedrich Kenter et Gottlob Schrader. Pendant cinq ans, ils avaient accompli un travail d’évangélisation dans la région et avaient été appelés, en août 1861, au ministère de prêtre par Geyer. L’apôtre Woodhouse ne les avait cependant pas ordonnés, car, contrairement à Carlyle, il se sentait entravé par l’interdiction, promulguée par l’État, de célébrer des offices religieux ailleurs qu’au sein de l’Église nationale.

Dans sa lettre, Geyer abordait cette situation selon lui insatisfaisante. Il y informe les quatre hommes au sujet des apôtres appelés en secret et poursuit en disant que « ceux-ci étaient prêts, en leur qualité de moissonneurs, à lancer la moisson avec leurs anges, afin que fût enfin conjuré le mauvais sort qui retardait l’Œuvre de Dieu et que les évangélistes pussent prendre joyeusement leur essor sans frein à travers tous les pays. »

Geyer renoue ainsi avec la doctrine selon laquelle Paul avait été « entravé » dans son activité, et que cette entrave allait être brisée par l’envoi des apôtres. À cette fin, l’apôtre Carlyle avait voulu que fût rétablie, pour les apôtres, la plénitude sacrée du nombre douze. Geyer avait conséquemment poursuivi la tentative de complémentation du cercle des apôtres. Voyant qu’elle était vouée à l’échec, il s’est senti poussé par Dieu à appeler une nouvelle lignée des Douze.

Aux quatre prêtres qu’il avait appelés dans le royaume de Hanovre, il écrivait : « Là sera aussi la solution pour le royaume de Hanovre. » Comme d’autres dépositaires de la connaissance des activités de Geyer, les destinataires de cette lettre restèrent aussi fidèles à l’apôtre Woodhouse. Ils se virent investis peu après de grandes responsabilités au sein de communautés situées en dehors de leur pays.

L’apôtre Rosochacky à Hambourg

À Hambourg, les choses évoluèrent différemment. Friedrich Wilhelm Schwartz, l’ange de la communauté, le prêtre Carl Louis Preuss et quelques diacres réagirent à la destitution de Geyer par une invitation adressée à lui et à l’apôtre Rosochacky. L’apôtre Rosochacky s’est présenté dans la communauté le 4 janvier 1863, au cours du service divin, et toute la communauté s’est soumise à son autorité.

Il semble que ceux que Geyer avait appelés espéraient que Dieu les approuverait d’une manière si manifeste que les apôtres déjà en activité seraient contraints de les reconnaître. Or, il n’en fut rien et, quelques jours plus tard à peine, l’apôtre Rosochacky se soumit à ses supérieurs ecclésiastiques en exigeant de ses adeptes de Hambourg, dans une lettre datée du 17 janvier, qu’ils fissent de même. Au lieu d’œuvrer en qualité d’apôtre, Rudolf Rosochacky œuvra de nouveau en qualité d’ancien à Königsberg, sa communauté, et, finalement, dans le ministère d’ange, en qualité d’adjoint du conducteur qui n’était autre qu’Eduard Schwarz, le frère de l’apôtre de la « nouvelle ordonnance ». Rétrospectivement, Geyer déclara, amer, qu’à Königsberg Rosochacky « s’était laissé attendrir par les nombreuses et molles embrassades  de ses anciens frères, et avait ainsi été incité à l’apostasie. »

Tout comme Rosochacky et les autres inconnus qui, eux aussi, avaient cru à leur vocation à l’apostolat, les ministres hambourgeois se virent offrir à leur tour l’occasion de se repentir et de faire amende honorable. À cette fin, ils auraient dû déclarer que ces vocations avaient été d’origine satanique, mais ils n’y étaient pas disposés. Schwartz, le prêtre Preuss qui œuvrait sous son autorité et, à une exception près, les diacres de la communauté s’en tinrent à leur reconnaissance expresse de la légitimité de la vocation de l’apôtre Rosochacky ; la quasi-totalité des membres de la communauté suivirent leurs ministres.

L’apôtre Woodhouse n’avait, à ses yeux, plus d’autre choix : Il prononça l’excommunication de toute la communauté. À Hambourg, il y avait dès lors une communauté apostolique privée d’apôtres.

 


Synthèse


Après qu’en 1860 les apôtres anglais avaient rejeté la vocation de nouveaux apôtres, un groupe s’est constitué en Allemagne septentrionale, au sein duquel Geyer a appelé d’autres apôtres, pour débuter de cette sorte une nouvelle lignée de douze apôtres, allemands cette fois.

Friedrich Wilhelm Schwartz a invité Rudolf Rosochacky, l’un des apôtres appelés par Geyer, à  venir dans la communauté qu’il dirigeait à Hambourg. À la reconnaissance de cet apôtre nouvellement appelé, l’apôtre Woodhouse a répondu par l’exclusion de la communauté hambourgeoise de l’Église apostolique-catholique.

Catégorie : History, FR: 150 Jahre, Events