Parole du mois

Quitte le monde !

Mai 2012

L’Ascension est une fête qui touche le cœur ! Le Seigneur a achevé sa course terrestre et a été enlevé au ciel, du milieu de ses apôtres. Soudainement, dit l’Écriture, il a été élevé, et une nuée l’a dérobé à leurs yeux. Et l’explication, venue des cieux, n’a pas tardé : « Pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus reviendra. » Le chemin de l’avenir était ainsi tracé. Pour nous, ne nous arrêtons pas non plus à cet événement passé, mais considérons-le bien plutôt comme une indication relative à notre avenir triomphant. Les apôtres y ont puisé de la force et le courage de parcourir leur itinéraire spirituel. Pour nous, la parole biblique est un indice : Le Seigneur reviendra, et cet événement, nous l’attendons !

Un jour, le Fils de Dieu a décrit sa mission en des termes très sobres : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père. » C’est parce qu’il était sorti du Père et venu dans le monde qu’il a pu retourner auprès de son Père. Cependant, que signifient ici ses paroles : « Maintenant je quitte le monde » ? Il parlait sans aucun doute du domaine terrestre ; il a quitté le monde terrestre pour retourner auprès de son Père. Pour moi, je souhaite y voir aussi une devise que nous pouvons faire nôtre : « Quittons le monde ! » Nous ne le faisons pas à la manière du Fils de Dieu ; cela, nous ne le pouvons pas. Pour nous, quitter le monde, c’est renoncer à la nature impie.

Qu’est-ce que quitter le monde ? Ce n’est pas une question d’apparences ; ce qui est déterminant aux yeux de Dieu, c’est ce qui anime notre cœur. C’est dans notre cœur qu’il s’agit de renoncer à la nature impie, pour pouvoir fêter notre « ascension ».

Interrogeons-nous sur ce qu’est cette nature impie. Le « monde », la nature impie, c’est le fait de placer des idoles à côté du Seigneur. Même de nos jours, le commandement : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, tu n’auras point d’autres dieux devant ma face » est toujours en vigueur.  Quelles sont ces idoles ? Dans notre vie aussi, il y a des choses qui tentent d’occuper la première place dans nos préoccupations et de s’imposer à nous comme autant de raisons d’être et de vivre : des centres d’intérêts, des penchants, des choses que nous chérissons, qui sont importantes pour nous. Efforçons-nous de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’autres dieux ou idoles à côté du Seigneur, mais qu’il soit toujours au premier plan. Quittons le monde en prenant nos distances d’avec ces idoles et en plaçant le Seigneur au centre de notre vie. La nature impie, c’est aussi l’orgueil propre à notre temps qui consiste à croire que l’on puisse mener sa vie sans Dieu. Sachons reconnaître notre dénuement, ayons toujours conscience de notre dépendance de la grâce. Veillons à ne pas nous montrer arrogants ni nous croire grands aux yeux de Dieu. Quitter le monde, c’est ne pas céder à cet orgueil. Une autre caractéristique du même genre et qui relève du « monde » consiste à penser que, par notre comportement, nous ayons acquis un certain droit à entrer dans le royaume des cieux. La pensée de pouvoir compter uniquement sur soi-même, sans avoir à faire confiance au Seigneur, est un trait de caractère que recouvre la notion de monde. Renonçons-y, pour faire entièrement confiance au Seigneur. La nature impie, les caractéristiques du monde consistent à avoir d’autres dieux devant la face du Seigneur, à s’adonner à l’orgueil de penser pouvoir se passer du Seigneur, à compter sur ses seules ressources propres et à abandonner la confiance en le Seigneur. Renonçons à ces choses, quittons-les ! Puisse le Seigneur nous accorder la grâce d’y parvenir.

(Extrait d’un service divin de l’apôtre-patriarche)