Parole du mois

Christ en vous

Mars 2012

Dans l’épître aux Colossiens, il y a une parole qui décrit brièvement et pertinemment ce que doit être notre vie de foi, quel est notre but et de quelle manière les deux sont liés : « Christ en vous, l’espérance de la gloire. » L’épître aux Colossiens met clairement en évidence que c’est là un mystère : Christ en nous ! Ce mystère a deux faces : d’une part, le Seigneur nous fait la grâce d’entrer dans nos cœurs ; c’est quelque chose que nous ne pouvons pas mériter, c’est précisément une grâce. Et cette grâce se manifeste très concrètement par le fait que nous avons été régénérés d’eau et d’Esprit. C’est le début de « Christ en vous. » À ce moment, Christ est entré dans notre âme. Ce « Christ en vous » est affermi lors de la sainte cène. C’est la communion immédiate avec Christ au travers de la sainte cène. D’une part, donc, une grâce, d’autre part, ce mystère est aussi un devoir et une obligation pour nous tous. « Christ en nous » signifie que Christ nous gouverne. Christ en nous implique de vivre, d’agir, de parler et même de penser comme Christ nous en a donné l’exemple. Tout en gardant à l’esprit que nous ne pouvons pas nous comparer au Seigneur, efforçons-nous  cependant de faire nôtre, de plus en plus, la nature de Christ.

Ce qui est frappant en Jésus-Christ, c’est qu’il levait les yeux vers son Père, et ce dès l’âge de douze ans, dans le temple : « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? » « Christ en nous » implique que nous nous tournions vers le Seigneur et levions les yeux vers lui.

Christ a agi de façon à être là pour autrui : il était miséricordieux et serviable. Jésus a toujours apporté son aide, quand il percevait une vraie détresse. Être serviable et miséricordieux ne signifie pas que nous devions dire amen à tout et participer en toutes choses. Nous avons le droit, en toute bonne foi, d’établir des limites et de dire clairement : Tel n’est pas mon devoir ! La serviabilité et l’amour du prochain, dont le Seigneur nous a donné l’exemple, consistent à discerner la véritable détresse. Cela peut être une détresse matérielle ou une détresse de l’âme, que l’on ne perçoit pas de l’extérieur.

Parler comme Christ, c’est dire la vérité. Jésus-Christ disait la vérité. Mieux, il est la vérité. Il est pour nous un modèle : Restons toujours dans la vérité, mais sans blesser. Veillons toujours à respecter la dignité de la personne et à faire preuve d’amour.

Nous ne connaissons pas précisément les pensées de Christ. Nous pouvons cependant déduire certaines choses de la façon dont il s’est comporté dans le cercle restreint de ses disciples et dont il a agi lorsqu’il était seul. Souvent, il se mettait à l’écart et priait, cherchant la communion avec son Père ; c’était sa disposition d’esprit. Il a dit un jour à ses disciples : « Celui qui m’a vu a vu le Père ». Sa pensée était que les disciples et tous ceux qui étaient autour de lui devaient pouvoir reconnaître le Père.

Vivre, agir, parler et penser comme Christ – si ces démarches rejoignent la grâce que le Seigneur nous propose, le mystère pourra devenir réalité : Christ en nous ! Si Christ est en nous, notre espérance en le jour du Seigneur est grande. Nous attendons le jour du Seigneur dans une espérance vivante.

(Extrait d’un service divin de l'apôtre-patriarche)