Parole du mois

Une reconnaissance durable

Octobre 2009

En célébrant la journée d’actions de grâces et, plus précisément, la fête des récoltes et des moissons, nous remercions Dieu de conserver la vie physique et spirituelle. De nos jours, le nombre des actifs qui dépendent directement de la qualité des récoltes et des moissons diminue, si bien que la signification de cette journée d’actions de grâces évolue quelque peu : Nous remercions Dieu, non seulement pour la qualité et l’ampleur des récoltes et des moissons, mais aussi pour tous les dons que, dans sa bonté, il met à notre disposition. Nous jetons un regard particulièrement reconnaissant sur la Création et louons Dieu, le Créateur. Cette démarche s’appuie sur la connaissance que le travail de nos mains ne va pas de soi et qu’au fond nous ne sommes pas pour grand-chose dans notre bien-être : tout procède de la grâce de Dieu.

Le psalmiste a dit : « Je te loue, parce que tu m’as exaucé, parce que tu es devenu mon salut. » La voilà, cette relation avec Dieu qui suscite la reconnaissance, l’action de grâces. Le fait de vérifier l’efficacité de l’aide de Dieu, la manière dont il nous permet de surmonter les situations difficiles, nous incite à faire preuve d’une reconnaissance particulière. C’est plus particulièrement vrai sur le plan spirituel ; aussi l’apôtre Paul écrit-il : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ ! » Là, il n’est plus question des choses terrestres, mais de Christ et du salut éternel.

Veillons aussi à ce que notre reconnaissance s’inscrive dans le temps. Tel est le souci qui m’anime actuellement. Nous sommes tous reconnaissants, mais nous ne persévérons pas dans cette disposition et vaquons de nouveau rapidement à nos occupations terrestres. Lorsque des enfants éprouvent de la reconnaissance pour un cadeau qu’ils ont reçu, ce sentiment peut les submerger, mais, une heure après, leur disposition peut déjà avoir changé du tout au tout : oubliée, la reconnaissance ! Nous sommes appelés à être durablement reconnaissants.

La reconnaissance durable plaît au Seigneur et nous distingue. Permettez-moi d’illustrer mon propos par un exemple : L’opinion publique prend conscience de nombre de sujets, notamment et surtout par l’action des médias ; je pense à des notions comme, par exemple, celle de « rejet d’oxydes de carbone » ou encore de « catastrophe climatique ». Personne ne s’en souciait il y a encore quelques années, et voilà qu’aujourd’hui tout le monde en parle. La préoccupation sous-jacente est celle-ci : Que nous réserve l’avenir ? Dans ce contexte, il est souvent question de durabilité : Les projets visant à limiter le réchauffement planétaire et le changement climatique doivent être des démarches durables, et non pas de simples feux de paille.

S’il nous est demandé de faire sciemment preuve de reconnaissance, c’est que nous sommes aussi appelés à être durablement reconnaissants : il ne s’agit pas de dire merci en passant et de retourner à nos occupations quotidiennes, mais d’être en mesure d’éprouver une reconnaissance rétrospective, à l’instar du lépreux guéri, le seul des dix qui l’ont été à être revenu auprès du Seigneur pour le remercier. Ne nous contentons pas d’exprimer notre reconnaissance à l’occasion de la journée d’actions de grâces ou encore sur le moment, mais soyons durablement reconnaissants et faisons en sorte que notre reconnaissance ait des répercussions sur l’avenir. Agir ainsi, c’est assurer notre avenir auprès du Seigneur.

(Extrait d’un service divin de l’apôtre-patriarche)